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| 1967 |
Voulant ce que Dieu veut mais gonflés d’Espérances*,
Zéphyr* et Sirocco* vont porter la Semence
Dont l'alchimie* des feux dira l’Œuvre* Païen
- " Tu seras Nef*, mon fils, nous t’allons mettre à flot,
J’ai armé le gréement*, ta mère est notre Etoile*,
La foi qui nous unit épisse* nos Crédos*,
Sur l'océan des vies tu iras comme un Squale*"
… Par-delà les éclairs dont les cieux s’illuminent,
Un frêle Esquif* livré aux fureurs abyssales*
A perçu d’autres voix ; déjà il s'encalmine* :
- " Est-ce si mal aimer que de montrer le nord,
De trembler pour Icare* en quête du Saint-Graal ? "
- " Est-ce vraiment l’aimer qu’astreindre* à votre Port
L’enfant et l’héritier né du flanc de Dédale*…
Si demain est d’hier, si d'avant vient l'après,
Je hais les lourds secrets dont bruissent* vos silences
Et la prison d'amour où vos regards m’enferment ;
Tu demeurais aveugle à mon indéhiscence*,
J’ai franchi ces hauts murs que des fenêtres ferment."
… Au seuil de l’aube noire implorant le Divin,
Contre ce qui s’avère, vaincus par l’évidence,
Le Semeur* et Sa Terre* interrogent l’Essence*,
Déniant de leurs vœux la Force du Destin …
____________________________________________________

Petit Lexique rapide pour mes Jeunes Lecteurs
(dans l’ordre d’apparition des mots dans le texte)
- espérance : plus grande que l'espoir, par sa dimension religieuse et/ou spirituelle
- oeuvre : ici, la création "divine", la créature du hasard
- zéphyr : vent doux, brise, métaphore de la mère
- sirocco : vent brûlant et sec, métaphore du père
- alchimie : pseudo-science chimérique
- nef : grand navire à voiles majestueux
- gréement : tout ce qui sert à propulser un navire (voiles, cordages, mâts etc.)
- étoile : ici, l' ETOILE du Nord qui indique la route
- épisser : assembler des cordages en les entrelaçant
- credo : chose en laquelle on croit
- squale : puissant animal marin, requin
- esquif : fragile embarcation sur mer, petite barque
- abyssal : relatif aux très grands fonds océaniques, considérable
- s'encalminer : se dit d'un navire qui cale, n'avance plus
- éther : poétiquement, partie la plus subtile et la plus élevée de l'atmosphère
- sidéral : qui a rapport aux astres
- Icare : fils de Dédale, qui, désobéissant à son père, périt en volant trop près du Soleil
- Graal : la quête du graal, c'est la recherche souvent vaine d'un bonheur inaccessible
- Dédale : père d'Icare, c'est lui qui avait fabriqué pour son fils des ailes en cire qui ont fondu au soleil
- houppier : ensemble formé par les branches, les rameaux et les feuilles d'un arbre (sauf le tronc et les racines)
- bruissent : du verbe BRUISSER, variante de BRUIRE, faire un très léger bruit indistinct
- indéhiscence : se dit d'un fruit qui ne s'ouvre pas spontanément à mâturité
- Semeur : métaphore du père
- Terre : métaphore de la mère
- Essence : ici, ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est ...
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Un frêle Esquif* livré aux fureurs abyssales*
A perçu d’autres voix ; déjà il s'encalmine* :
Là-haut chante l’Esprit, dans l'Éther* sidéral*
- " Se peut-il, ô mon père, et par seule sagesse,
Que l’on m’apprenne à vivre en me faisant mourir ?
Pourquoi, ma douce mère, sinon me nourrir,
Ton sein s’est il gorgé de lait et de tendresse ? "
- " Oh ! Présage déçu du beau rêve premier,
Tu as choisi de fuir, inconscient, sourd et ivre …"
- " Oh ! Rivages perdus de mes pages froissées,
Vous n’avez pas su lire et j’ai fermé le livre …"
- " Se peut-il, ô mon père, et par seule sagesse,
Que l’on m’apprenne à vivre en me faisant mourir ?
Pourquoi, ma douce mère, sinon me nourrir,
Ton sein s’est il gorgé de lait et de tendresse ? "
- " Oh ! Présage déçu du beau rêve premier,
Tu as choisi de fuir, inconscient, sourd et ivre …"
- " Oh ! Rivages perdus de mes pages froissées,
Vous n’avez pas su lire et j’ai fermé le livre …"
- " Est-ce si mal aimer que de montrer le nord,
De trembler pour Icare* en quête du Saint-Graal ? "
- " Est-ce vraiment l’aimer qu’astreindre* à votre Port
L’enfant et l’héritier né du flanc de Dédale*…
Si demain est d’hier, si d'avant vient l'après,
J’ai marché comme tous dans les pas de mon temps,
Les racines à l’arbre ont donné son houppier*
Et c’est bien de vous que j’ai
si mal aux dents.
Je hais les lourds secrets dont bruissent* vos silences
Et la prison d'amour où vos regards m’enferment ;
Tu demeurais aveugle à mon indéhiscence*,
J’ai franchi ces hauts murs que des fenêtres ferment."
… Au seuil de l’aube noire implorant le Divin,
Contre ce qui s’avère, vaincus par l’évidence,
Le Semeur* et Sa Terre* interrogent l’Essence*,
Déniant de leurs vœux la Force du Destin …
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auteur : Camal Elmili-Hamayed

Petit Lexique rapide pour mes Jeunes Lecteurs
(dans l’ordre d’apparition des mots dans le texte)
- espérance : plus grande que l'espoir, par sa dimension religieuse et/ou spirituelle
- oeuvre : ici, la création "divine", la créature du hasard
- zéphyr : vent doux, brise, métaphore de la mère
- sirocco : vent brûlant et sec, métaphore du père
- alchimie : pseudo-science chimérique
- nef : grand navire à voiles majestueux
- gréement : tout ce qui sert à propulser un navire (voiles, cordages, mâts etc.)
- étoile : ici, l' ETOILE du Nord qui indique la route
- épisser : assembler des cordages en les entrelaçant
- credo : chose en laquelle on croit
- squale : puissant animal marin, requin
- esquif : fragile embarcation sur mer, petite barque
- abyssal : relatif aux très grands fonds océaniques, considérable
- s'encalminer : se dit d'un navire qui cale, n'avance plus
- éther : poétiquement, partie la plus subtile et la plus élevée de l'atmosphère
- sidéral : qui a rapport aux astres
- Icare : fils de Dédale, qui, désobéissant à son père, périt en volant trop près du Soleil
- Graal : la quête du graal, c'est la recherche souvent vaine d'un bonheur inaccessible
- Dédale : père d'Icare, c'est lui qui avait fabriqué pour son fils des ailes en cire qui ont fondu au soleil
- houppier : ensemble formé par les branches, les rameaux et les feuilles d'un arbre (sauf le tronc et les racines)
- bruissent : du verbe BRUISSER, variante de BRUIRE, faire un très léger bruit indistinct
- indéhiscence : se dit d'un fruit qui ne s'ouvre pas spontanément à mâturité
- Semeur : métaphore du père
- Terre : métaphore de la mère
- Essence : ici, ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est ...
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SupprimerLe poème ne traite pas seulement de l'absence physique du père; il s'interroge sur le silence qui isole aujourd'hui le père de son fils et qui donne au fils l'impression d'avoir été mal paterné. À se demander pourquoi l'homme d'aujourd'hui est si mal dans sa peau, pourquoi il a peur de l'intimité, pourquoi il redoute à ce point l'agressivité qu'il refoule au plus profond de lui-même, pourquoi il se sent obligé de jouer le héros, l'éternel adolescent, le séducteur ou le bon garçon... Pourquoi est-il si difficile de devenir un homme à part entière dans une société qui ne pratique plus aucun des rites initiatiques de l'adolescence ? Ce poème est important parce qu'il rompt enfin le silence. Et pour le fils souffrant sortir du mutisme est la seule manière d'en arriver à guérir le père blessé en lui.
SupprimerLes mots sont choisis avec finesse, délivrés tout en délicatesse. De très courts textes se terminant par des haïkus d'une force et d'une puissance incroyable. On voit les images, les mots percutent...
SupprimerPénètrent jusqu’au tréfonds de nos corps
Le père tient un rôle essentiel auprès de l'enfant...» L'influence du père est bien plus large que le simple registre de la loi et de l'identité sexuée.
SupprimerDire les choses telles qu'elles sont, essayer de les comprendre et ne pas y parvenir. C'est bien une frustration, plus même, une douleur !...
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RépondreSupprimerLe sentiment d’avoir été humilié, atteint dans sa fierté ou dans sa dignité, est plus ou moins familier pour n’importe quel être humain. Mais difficile de savoir comment réagir et comment panser les blessures de son amour-propre. Le premier réflexe consiste à s’enfermer dans de la souffrance, voire de la colère.
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RépondreSupprimerLa fonction du père est de séparer l'enfant de la mère. Il doit s'interposer entre la mère et l'enfant pour permettre à l'enfant de développer son identité en dehors de la symbiose maternelle et rappeler à la mère qu'elle est aussi une femme, une amante, un être de plaisir, non seulement un être de devoir généreux. Si la mère représente l'amour fusionnel, le père représente les limites, les frontières, la séparation psychologique.
SupprimerL'enfant a besoin de sentir toute l'attention de la mère pour découvrir sa puissance. Mais il a aussi besoin des interdits de son père pour connaître ses limites et apprendre à faire attention aux autres. L'enfant apprend, par sa mère, qu'il est au centre de l'univers, de son univers ; il doit apprendre, par son père, qu'il existe d'autres univers avec lesquels il devra collaborer pour survivre et s'épanouir. L'enfant doit apprendre à se situer à mi-chemin entre l'attitude du chat et du chien. Le chat se croit le maître en voyant tout ce que son " esclave " fait pour lui, alors que le chien perçoit son propriétaire comme son maître parce qu'il est capable de tout faire pour lui.
Assurément, la tâche immense du père est d'ordre divin... Surtout celle du père d'un autre lui-même : l'exercice revient pratiquement à se refaire, à se corriger, à se rectifier... Il n'est pas simple... Etre papa d'une fille est en fait tellement plus facile et doux... Du point de vue de l'enfant, c'est une autre affaire et la relation tellement complexe !... C'est vrai qu'elle est une souffrance, tant pour l'un que pour l'autre... Ce n'est pas une simple relation d'amour, ni dans un sens ni dans l'autre. Pour les deux il s'agit de produire, de prouver, de décider d'un coté, et d'apprendre, d'admirer, d'accepter de prendre le legs de l'autre... Cela vaut bien un poème !
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RépondreSupprimerVictime des autres,bourreau de soi même
SupprimerN’y a-t-il pas d’amour heureux ?
Victime des autres ? Cohabiter est déjà une épreuve ! Bourreau de soi-même, oui, sans doute possible pour qui cherche à comprendre. Se soumettre à la question, c'est se torturer, sans hésitation, oui ! L'amour heureux ? Non, car ''le temps d'apprendre à vivre''... est ... très long ...
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