« L’Art est une blessure devenue Lumière » Georges Braque

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vendredi 20 mai 2011

(49) Déclaration Universelle des Droits du Bébé


à  Mehdi, Ghalia et Salim



rita,


Nota-Bene Note à l’attention de Mounia : pour satisfaire à ta demande, tous les mots trop difficiles durs sont marqués d’un astérisque d’une petite étoile et définis expliqués ci-dessous  plus bas. Bises Mouah !





AREU - AREU

Chaque seconde, naissent 4,2 bébés dans le monde !


En décembre 1986 se produisirent simultanément 2 évènements considérables : la naissance de Rita et l’accession d’un « poète » à la paternité. Le moins important des deux ne fut pas le moins traumatisant.

Persuadé qu’il venait de poser le jalon essentiel de la Genèse* depuis Adam et Ève, l’auteur de Rita et de ces lignes entreprit, avec la passion véhémente qu’on lui connait, le dur apostolat* du père nourricier* et puériculteur. Mais la tâche s’avéra vite malaisée car « le parturient* » se trouva confronté à une pléthore d’adversaires idéologiques : zélés et d’autant plus redoutables que bien intentionnés, chacune et chacun de ces maléfiques bienfaiteurs militait à sa façon pour faire prévaloir, qui son incompétence, qui son ignorance, qui ses lubies ... Or, le poète-combattant, qui avait déjà ingurgité toutes les œuvres maitresses de la littérature didactique* « puériculturelle », n’entendait absolument pas se laisser dicter la méthode éducative applicable à la divine enfant.

Pour sauver l’innocente et garder le contrôle total de la situation, il fallait l’arracher aux griffes de tous ces « empêcheurs d’élever en rond » ; notre homme se mit donc à ferrailler :

·        Contre la mère et sa prétention « naturelle » à assumer le premier rôle, dûment soutenue dans ses angoisses de primipare* par un quarteron* inconditionnel et sournois de copines, aréopage* plus néfaste qu’utile de jeunes bécasses luttant avec hargne sous la double bannière d’une nullité patente* et d’une solidarité exemplaire contre l'ennemi naturel, le géniteur. Dieu la guide !
·        Contre la mère de la mère, colorée, délicieuse et débonnaire* mamie, adepte résolue d’un entrisme* permanent, volontaire, sympathique, et qui trimballait avec une bonne humeur contagieuse tout son barda* de recettes du siècle passé et de préceptes antédiluviens*. Dieu ait son âme !
·        Contre toutes les tatas, taties et autres tontons, arborant fièrement leurs Croix du Mérite, Médailles d’Anciens Combattants et autres Légions d’Honneur éducatives ; vétérans aux cursus très différents et aux expériences souvent contradictoires ; certains d’entre eux ne pouvant se dispenser de dispenser leur pseudoscience : un fourre-tout de principes de bon sens et de banalités en habits de vérités générales parfois assorti d’une flopée de conneries personnelles aux effets hasardeux et invérifiables. Dieu les protège !
·        Contre des légions de mauvais pédiatres, prétentieux, arrogants et toujours pressés ; dont le mercantilisme et la cupidité auraient de quoi faire pleurer Hippocrate, mais que le mimétisme « bourgeois de classe » surestime et survalorise de manière excessive, remplissant leurs cabinets et les incitant à « se la péter » de plus en plus ... alors qu’on devrait plutôt les condamner à « raser les murs » de la vraie médecine ! Au point d’ailleurs, comme je l’ai souvent dit, que je devenais vraiment jaloux de mon chien Happy passant entre les mains de son excellent vétérinaire ! Dieu les éclaire !
·        Contre certaines stars du panthéon de la pédopsychologie et de la puériculture  aux  injonctions* parfois excessives, péremptoires, voire comminatoires* : Sainte Françoise D, Sainte Laurence P, Saint Edmond D etc., sans parler des innombrables torchons commis dans la presse magazine par des légions d’opportunistes et de pseudo « z’experts » en proie à leur nombrilisme ou au fléau du chômage et n’ayant eux-mêmes probablement jamais élevé que des chatons, des chiots ou des hamsters. Dieu nous préserve de l'ignorance militante !
·        Contre le carcan  prégnant* des convenances sociales, des traditions, des modes intellectuelles, du snobisme et de tous les préjugés à géométrie variable selon l’histoire et la géographie ; dont notamment un cortège hétéroclite et insolite de contradictions aberrantes : celles dues à la schizophrénie générée par une  quintuple « culture » maroco-franco-berbéro-algéro-tunisienne, matinée* d’américanisme galopant. Dieu nous aide !

Dans l’émotion et l’excitation provoquées par cette bataille, le poète-père ne se ménagea guère mais acquit très vite une certitude : si la « petite d’homme » demeurait trop longtemps tiraillée et bringuebalée entre tous ces dogmes et opinions contradictoires, leurs effets dévastateurs prévisibles deviendraient vite irréversibles ; il fallait donc d’urgence mettre fin à cette guerre de chapelles*. Sauver Rita à tout prix, oui ... mais, contre une coalition d’adversaires aussi coriaces, comment faire ?

Après quelques nuits blanches, maints apartés énamourés avec son ex spermatozoïde et d’intenses séquences d’observation de ses réactions en diverses situations, le barde* empathique trancha : puisque Rita n’était pas en mesure d’exprimer elle-même ses besoins, ses sentiments, ses désirs et ses droits, eh bien lui se ferait le porte-parole de sa fille et, à travers la cause d’icelle*, de tous les bébés, nourrissons et autres loupiots de la terre, malmenés avec arrogance par des pondeuses ignares, des géniteurs goguenards et des professionnels incompétents !

Donner enfin la parole aux sans-parole ! Hisser résolument le flambeau de la défense des Tout-Petits !

Son poussin n’y voyait donc pas encore clair, la couleur définitive de ses yeux n’était pas encore connue que, pour mettre un terme aux tiraillements, aux dissensions et aux conflits, le père-poète-éducateur-puériculteur rédigeait et publiait déjà la Déclaration Universelle des Droits du Bébé , feuille de route idéale et modeste contribution dictée par l' intelligence de l’amour et du bon-sens.

Ce texte fondateur date de 1986 mais n’a pas pris une ride ; tout comme son égérie* Rita, aujourd’hui laborieusement empêtrée dans des études supérieures de ... psychologie.

Si vous faites ou refaites un bébé, balancez tous vos bouquins et préjugés à la poubelle et appliquez la loi SVP !

Je dédie cette somme à tous les chérubins à naître, mais aussi :

·        à tous les futurs mauvais parents qui y puiseront de quoi limiter un tant soit peu les dégâts qu’ils causeront quand-même.
·        à tous les anciens mauvais parents qui s’en serviront pour dresser l’inventaire rétrospectif* de leurs fautes : ça leur sera utile quand ils accompagneront leur progéniture aux premières séances du Psy, ou quand ils devront témoigner devant le Juge des Mineurs pour quémander des « circonstances atténuantes » en faveur des comportements délictueux de leurs rejetons.
·        à tous les ex bébés maltraités - au premier rang desquels je me place - lesquels comprendront pourquoi ils sont dans un tel état et décideront, en connaissance de cause, des suites - judiciaires, thérapeutiques ou criminelles - à donner à l’affaire.



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* Genèse : « histoire » de la naissance de l’humanité rapportée par les Textes Sacrés ...
* apostolat : mission sacrée, importante, sacerdoce
* nourricier : qui procure une forme ou une autre de nourriture
* parturient : n’existe qu’au féminin ; une parturiente est une femme qui accouche
* didactique : qui sert à expliquer, enseigner, instruire, faire comprendre
* primipare : femme accouchant pour la première fois
* quarteron : petit nombre, quelques
* aréopage : assemblée de savants, de notables, de ... « pointures » quoi
* patent (e) : évident, manifeste, qui crève les yeux
* débonnaire : accommodant, bonasse, bon jusqu’à la faiblesse, bienveillant, indulgent
* entrisme : faire de l’entrisme, c’est se mêler (parfois un peu trop ou à tort) de questions ou de situations qu’on désire influencer
* barda : bagage encombrant (familier)
* antédiluvien : très ancien, qui a existé avant le déluge relaté dans les Livres Sacrés
* injonction : commandement, ordre
* comminatoire : qui contient une menace, à prendre très au sérieux 
* prégnant : qui prédomine, s’impose à l’esprit de manière évidente, se voit clairement, ressort bien par rapport à tout le reste
* mâtinée : mélangée, mêlée, métissée, nuancée
* guerre de chapelles : au figuré, une lutte entre des groupes de personnes dont les points de vue ou les intérêts divergent
* barde : poète héroïque et lyrique (nom des anciens poètes celtes)
* icelle : synonyme de « celle-ci » en vieux français (icelui = celui-ci)
* égérie : inspiratrice, muse, conseillère
* rétrospectif : qui a rapport au passé ou se fait après coup





Déclaration Universelle des Droits du Bébé

- LETTRE OUVERTE AUX GRANDS -


Abadi-abada, je m’appelle Rita,
Le ciel est beau, le soleil brille,
J’aime ma Maman, j’aime mon Papa,
J’aime mes Mamies et mes Tatas,
J’aime les bambins et mes Tontons,
La vie est belle pour les p’tites filles !
Rita, un peu avant la FAC de Psycho


Abadi-abada, on veut qu’ je mange n’importe quoi,
C’est inhumain et j’obéis,
Mais j’ voudrais bien savoir pourquoi
Les grands commandent toujours les p’tits ?
Moi j’ veux du lait et des oranges,
Pas du cèleri et des navets ;
J’ vous dirai non dès qu’je pourrai,
J’ peux pas toujours être un p’tit ange
Et vous l’aurez vraiment cherché !

L’heure du lolo, c’est dès qu’je pleure,
C’est dès qu’ j’ai mal à mon p’tit ventre,
J’ai rien à voir avec vos montres,
Et c’est c’ que disent les bons docteurs !

Areu-areu les p’tits bébés,
On ferme l’œil sur leurs menus,
Y veulent régler mêmes nos tétées ...

Itou* d’ailleurs pour mon dodo,
C’est moi qui sais, pas M’sieur Seiko*,
C’est quand j’ ronchonne et qu’ je grimace,
Quand mes p’tits yeux font essuie-glaces
Et quand j’ ballote in the brouillard ...
Regarde Maman, elle dort quinze heures,
Tonton le tiers, Mamie six heures,
Y’a des poupons qui font que ça,
Moi j' roupille moins, m’emmerdez pas !


Abadi-abada, j’ai besoin d’air et d’exercice,
Y faut m’ sortir soir et matin,
J’aime être nue, prendre des bains
Comme les gamins de Michel-Ange,
Pas ficelée comme un’ saucisse
Dans des tas d’ couches et trente-six langes
Parc’ qu’on a honte d’ mon p’tit machin
Ou qu’on a peur qu’avec je pisse.

Soyez sympas et soyez cool :
Quand je vomis ou fais caca,
Faut pas chaqu’ fois vous mettre en boule !
Même si ça pue et qu’ ça plait pas,
Faites la grimace sans qu’ je vous voie.

Abadi-abada, n’ venez vers moi qu’ si vous êtes bien,
Vous forcez pas quand c’est pas l’ cas,
J’ préfère 1 heure de bonne humeur
A tout le temps et d’humeur de chien.

Habillez-moi en chantonnant,
N’importe quel air, n’importe quoi,
Y’a pas d’ corvées quand y’a d’ la joie !
Montrez-moi plein d’ jolies couleurs
Et donnez-moi beaucoup d’ jouets ;
Je m' fiche pas mal de leur valeur,
Tout c’ que je veux c’est m’amuser,
M’interroger et découvrir,
C’est triturer, froisser et mordre,
C’est farfouiller et faire des sons,
C’est faire tomber, reprendre et tordre,
Toucher, griffer, faire des suçons,
Faire de l’effet et vous faire rire,
Refaire cent fois n’importe quoi !
Ça vous énerve et c’est normal
Mais c’est qu’ pour moi rien n’est banal.

Areu-areu, un nourrisson c’est pas une cloche
- Pipi-caca-dodo-miam-miam - !
J’ai un p’tit cœur et j’ai une âme.
De tout c’ que j’ vis, j’ me fais une torche
Qui éclairera le long chemin
Qu’empruntera la petite dame
Dans l’ drôle de monde des humains ;
Et moi j’ vous l’ dis,
Mettez-le bien dans vos caboches :
La choupinette sera Madame
Et c’est bébé qu’ est l’ père de l’homme !

Faites-moi jouer et faites-moi rire,
C’est primordial, j’en ai besoin,
J’ suis un ego en devenir,
Faut qu’ la p’tite femme s’épanouisse ...
J’ suis bon public et bonne actrice,
J’ me satisfais de trois fois rien.

Autr’ chose encore, les « je sais tout » :
Si j’ vous imite, c’est que j’ vous aime,
Alors faut m’ faire des tas d’ discours,
J’y comprends rien mais j’ me questionne,
J’ suis pas blasée, tout me passionne,
J’ suis une page blanche, l’aube d’un jour.

Faut m’ présenter des tas de gens,
Plus j’ vois de têtes et plus j’apprends,
J’ suis le tome 1 d’un livre vierge
Et plus curieuse qu’ la pire concierge ;
J’observe tout et j’enregistre,
Les p’tits détails comme les grands faits ;
Quand vous hurlez ou faites les pitres,
Rien ne m’échappe de vos méfaits ;
Et vos bêtises et vos bavures
Et vos erreurs f' ront des ratures
Que n’effacera aucune gomme
Dans l’ long roman de ma p’tite pomme.

Quoi que j’ devienne dans l’avenir,
Devant les hommes j’ s’rai l’héroïne
Mais devant Dieu vous s’ rez l’auteur.
Même dans l’ désert y pousse des fleurs !
J’ suis un jardin à cultiver,
Faites pas de moi un champ de mines ...

Abadi-abada, j’ veux des mimis et des caresses,
Et plein d’amour et plein d’ tendresse ;
Bien dans ma peau j’ fais des prouesses !
Les bras d’ maman c’est comme un nid,
Et j’ rigole bien dans ceux d’ Mamie,
Mais ceux d’ Papa c’est l’ paradis ...

Quand j’ macérais dans mon pipi
Et que j’ pleurais pour t’appeler,
J’ai entendu « Laisse-la chialer,
Ta p’tite merdeuse te tyrannise,
Finira bien par s’arrêter ! »
C’est qui qu’a dit ces âneries ?
Faut accourir quand j’ pleure vraiment ...
M’ faire des mamours et des câlins,
Et pas jouer les gros malins
A qui un mioche va pas la faire !
J’ suis un bébé, pas un bambin,
Y'en a vraiment qui devraient s' taire !
Et si j’ savais l’ dire autrement
J’ hurlerais pas comme un putois
Chaqu’ fois qu’ j’ai peur, chaqu’ fois qu’ j’ai mal,
Parc’ que j’ai faim, parc’qu’ y fait froid,
Parc’ qu’y fait chaud ou que j’ suis sale,
Parc’ que ça m’ gratte ou que ça m’ pique,
Ou que j' vous veux terriblement :
A vous d’ piger vos p’tits loustics !

Quant aux pisse-froid et aux frustrés
Qui font du zèle et s’ mêlent de tout
« Faudrait faire ci, faut pas faire ça,
Tu la pourris, tu regretteras,
Et patati et patata ... »,
J’ leur dis tout net que leur bagout
M’ donne l’urticaire et fait pitié :
A-t-on idée de tout confondre ?
Encore une fois j’ vais m’ répéter,
J’ suis pas loupiotte, j’ suis qu’un bébé !!!

Mais Papa s’ fiche d’ leur baratin ;
Y dit comm’ moi qu’un p’tit poussin
Faut l’ bichonner un point c’est tout,
Qu’on n’éduqu’ pas un nouveau-né,
Qu’à zéro an j’ comprendrais pas,
Et qu’ ça m’ fait mal et qu’y veut pas,
... Mais qu’ dans peu d’ temps, progressivement,
Y s’ pourrait bien qu’ y ait du changement ... ???
Je sais pas trop c’ que ça veut dire
Mais Papa tient quand il promet :
J’ vois des nuages sur l’avenir,
On m’ fortifie pour me dompter.
Areu-areu, faut profiter !

Abadi-abada, plus important que tout le reste,
Puisqu’avant tout il faut survivre,
Y’a les questions d’ sécurité !
Quand j’ commencerai à m’ déplacer
Méfiez-vous d’ moi comme de la peste !
J’ai pas d’ concience, j’ suis intenable,
Soyez toujours sur le qui-vive,
J’ai qu’ des idées invraisemblables
Et des foucades* intempestives.

Mais faut pas mal interpréter :
Si vous m’ mettez tout l’ temps des chaines
Parc’que pour vous j’ suis un boulet,
Ou bien j’ vous f' rai tout l’ temps des scènes
Ou vous f’ rez d’ moi une attardée.

... Faut faire plutôt comme Papa dit
Et baliser à fond l’ terrain ;
Neutraliser les vrais dangers
Et m’ laisser libre de m’exprimer,
De m’ renverser et prendre des coups,
D’ mordre et sucer c’ qu’y est à mon goût,
De fiche mes doigts où l’envie m’ vient ;
Faites pas de moi une poule mouillée
Qu’aura toujours besoin de vous
Même pour aller au petit coin.

Faut m’ laisser vivre dans un monde vrai,
Pas dans une cage ni un cocon ;
Pour m’endurcir et bien nager
J’ dois boire mes tasses et prendr’ mes gnons* ;
C’ qui veut pas dire qu’y faut m’ jeter,
Comme font parfois certains cinglés,
Dans des fosses pleines de lions !
A vous d’ trouver la bonne moyenne :
Ni gros requin ni p’tite sirène.

Abadi-abada, j’ peux pas finir ce p’tit boulot
Sans causer un peu écolo ;
J’aime la zizique et les refrains,
J’aime les couleurs et les parfums,
J’aime pas le bruit mais c’est selon :
J’vis comm’ tout l’ monde, en société,
Et y vaut mieux m’habituer
Qu’ vous épuiser en précautions
Et attentions exagérées ;
Ma chambre est pas un sanctuaire,
Quand j’ dors y’a pas le couvre-feu ;
Faites pas d’ chez nous un cimetière
Pac’que j’ roupille au fond d’ mon pieu.

Papa en boule, Maman en râge,
Des gens qui sonnent, ou bien l’ ménage,
Ma p’tite cervelle peut l’intégrer :
Faites seulement gaffe à pas pousser ...
Car si Papa fusille le chien,
Si ma nounou tire au lance-flammes
Les p’tits cafards qu’y a près d’ ma main,
Ou si Maman égorge le chat,
Oui, j’ pourrais bien être choquée.

Message reçu, les grands ? Parfait,
Faites circuler maintenant !
Parc’que vous savez, parents,
Sans vouloir vous vexer,
Il en reste du boulot
A faire dans vos ciboulots* !
                                                                                                            

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Et puisque 4,2 enfants naissent chaque seconde, j’ai la joie de vous annoncer que 5040 bébés sont venus au monde depuis que vous avez commencé cette lecture, il y a environ 20 minutes. Bien plus donc que le total cumulé des victimes de toutes les pandémies frappant l’humanité dans un laps de temps équivalent : c’est dire l’importance de la cause à défendre !



* itou : idem, pareillement, aussi

* Seiko : célébrissime marque japonaise de montres de précision

* foucade : caprice, toquade, élan passager, extravagance, lubie, coup de tête

* ciboulot : cerveau, tête



auteur : Camal ELMILI HAMAYED

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