« L’Art est une blessure devenue Lumière » Georges Braque

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vendredi 27 août 2010

(17) Bretteurs du Silence

à Mourad

Sans ta parole, Mallarmé,
Haut dans la tour où tu trônas
Plus hermétique que glacé,
Qu’eussè-je su de la beauté ?
Eût-elle brui du même éclat ?



Par les méandres du calvaire
Infusant leur trouble obsédant,
Tes vers parfaits, cher Baudelaire,
Sourdent tels un chant mortifère
Dont l’air accable mes tympans.

A l’heure des plus molles peines,
- Sans goût, sans rêve, sans moissons -
Dans tes eaux claires, bon Verlaine,
J’ai bu mon soûl comme aux fontaines
S’en revient boire un vagabond …

D’orfèvre ni de bateleur
Ne s’entend jamais dans tes mots,
Rien qu’un verbe nu, fier vainqueur
Des loups qui t’ont brisé le cœur
Et dont je tremble ô Machado !

Quand il fallut vaincre le doute
Et donner chair à l’illusion,
Pour tenir droit, Louis Aragon,
Pieux éclaireur de saintes routes,
Je n’eus que toi de compagnon.
 
Et c’est en quête de clartés,
Gibran, de langueurs extatiques
En délétères voluptés,
Qu’au seuil de tes fièvres mystiques
Je faillis bien être emporté.


Poète, ô bretteur du silence,
Comme au cristal la pureté
Il t’est échu la transcendance,
Et tu as soif de transparence
Moins pour Dire que pour Vibrer.

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auteur : Camal Elmili Hamayed

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