« L’Art est une blessure devenue Lumière » Georges Braque

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jeudi 11 novembre 2010

(37) de Walou à Chihaaaja

 Il faut laisser du temps au temps.

Un Grand de France découvrait le Royaume-Uni. Familier des ors de la Cour, il n'en fut pas moins surpris et émerveillé par l'exceptionnelle beauté du gazon anglais. 
- " Y a-t-il un secret, Milord ? ", demanda-t-il imprudemment à son hôte
- " Oui Monsieur ... 10 siècles de culture ", répondit laconiquement le froid sujet de la perfide Albion.


Moins long à parfaire qu'un green britannique, mais tout de même plus lent à affiner que le meilleur camembert hexagonal, un "quidam civilisé" ne se fabrique pas non plus en un claquement de doigts. Avant de commencer à se comporter "naturellement" avec distinction, un cul-terreux qui a "réussi" a besoin d'un certain temps d'imprégnation, de macération et de maturation. Ce délai est incompressible. Car les bonnes manières ne s'acquièrent pas avec un chéquier, ne s'improvisent pas avec une promotion sociale et ne s'octroient pas avec une fonction : elles doivent passer dans l'ADN, lentement et longuement.

Tout individu vit généralement en contemporanéité avec les 2 générations qui le précèdent ; chacun de nous a donc tendance à reproduire les comportements qu'il a observés chez son père et son grand-père. En d'autres termes, le petit-fils n'aura l'air de bien marcher dans ses pompes que si son grand père portait déjà les mêmes. Et  notre "parvenu" national, ni meilleur ni pire que celui des autres contrées, ne peut pas échapper à cette règle de la chimie humaine.

Tout cela pour vous dire que vous ne devriez accepter pour gendres que des prétendants d'ascendance "acceptable", sous peine d'avoir à le regretter très vite : il y a en effet une bonne probabilité pour qu'un gusse qui a vu Papi ou Papa tabasser Mamie ou Maman se mette un jour lui-même à cogner sur sa douce moitié, c'est à dire ... votre fille.

Comme un vêtement de qualité, un bon gendre doit être "teint dans la masse", et non simplement recouvert d'un vernis trop frais et superficiel susceptible de s'écailler au moindre choc et de déteindre à la première machine. Le quotidien de la cohabitation est une lessiveuse-essoreuse violente et prosaïque, elle fera vite perdre à votre beau-fils l'amidon qui le tenait raide et la teinture à 2 balles qui vous l'avait rendu présentable.

Le monde actuel, avec ses valeurs perverties - voire inexistantes -, foisonne d'authentiques Walou fraichement autoproclamés Chihaaaja. On ne voit qu'eux, on n'entend qu'eux, il n'y en a que pour eux. Par la grâce d'un portefeuille garni, d'une notoriété subite ou d'un pouvoir éphémère, qu'ils soient bardés de diplômes prestigieux, "fils de", authentiques scélérats, habiles profiteurs, escrocs notoires, bouseux tonitruants et incultes ou cyniques et serviles lèche-culs, quelle que soit leur extraction et quel que soit le chemin de leur ascension, "attention à la peinture fraiche" ! Cette engeance ne tardera guère à vous éternuer en plein visage, à roter de satiété, à se moucher dans vos nappes et à couvrir d'injures ou de bleus la petite fille qu'ils sont persuadés de vous avoir achetée à prix d'or ...

Il y a quelques années, en bavardant avec un copain architecte, je lui faisais remarquer que son éminent confrère XY, avait complètement et incompréhensiblement raté les toilettes et les sanitaires du luxueux hôtel 5 étoiles dont il venait de signer la réalisation dans le sud du royaume.
"Comment aurait-il pu en être autrement, répondit mon pote avec délicatesse ;   mon  distingué confrère XY est un authentique VIP de notre temps : il n'avait jamais vu de cuvette de WC avant d'entrer à l'école d'architecture. La question n'est donc pas "technique" mais cul-turelle ! "


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* walou : signifie « rien » en dialecte marocain ; un walou est donc un « rien du tout », quelqu’un de peu


* chihaja : signifie « quelque chose » en dialecte marocain ; un chihaaaja (très accentué) est donc « quelqu'un ! », une pseudo personnalité

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