« L’Art est une blessure devenue Lumière » Georges Braque

Archives du blog

lundi 4 octobre 2010

(26) ombres ( 1/3 ) - hier -



Quelquefois, un rayon transperce mon caveau
Et j’entends, autre moi qui sourd de la pénombre,
Murmurer cette voix et plus claire et plus sombre :

« Je suis hier. Je suis ton père et ton jumeau.


Quiconque vient à soi visite l’illusion ;
Ici n’est que poussière amassée sur les routes
Que trace en marchant l’homme ; et dessous cette voûte,
Quelle que soit la porte, elle ouvre une prison.


N’afflige pas ton cœur du culte des lambeaux
En t’obsédant du cours insondable des choses ;
Quand le miroir s’éclaire, on ne voit pas la cause
Mais seulement la plaie, le glaive ou le bourreau.


Si tu veux t’obstiner, présomptueux, humain,
A percer le mystère ordonné du destin,
Les désordres en toi auront plus de violence
Que comprendre ne t’est impérieuse exigence.

Observe, qui s’avance inexorablement,
L’échéance par quoi tu as compris le temps ;
Jusqu’à l’ultime rive où serait le savoir,
Espère, et résous-toi à marcher dans le noir.


Ce monde hallucinant ne t’est donné qu’à vivre :
Renonce à distinguer le signe de la lettre
Et le mot de la phrase et la page du livre
Et l’Auteur de l’ouvrage ; vivre n’est pas connaître ».
 



__________________________


auteur :  Camal  Elmili-Hamayed


Reproduction interdite
Copyrights et tous droits exclusifs réservés à






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire