« L’Art est une blessure devenue Lumière » Georges Braque

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mardi 7 septembre 2010

(22) acrostiche

à Nadia, avec mon infinie tendresse   - 2007 -






Souviens-toi, Nadia …

Moi, deux anges dans les bras,l'avenir en lambeaux, le passé en charpie, l'âme en deuil et le cœur en berne, moi qui achevais de dresser les murs du refuge où je m’apprêtais à terrer ma nouvelle misère.

Toi, en proie à ton douloureux destin, taraudée par l’inextinguible illusion d’en comprendre les lois, amère, rétive, farouche, assoiffée de bonheur et de justice, toi qui épuisais ta jeune beauté dans les colères destructrices du ressentiment.

Tu toquas, j’ouvris : l'enfant que tu n’avais toi-même pas été se proposait de m'aider à prendre soin des miens ! ... Et tu le fis. Longtemps. A travers vicissitudes et peines.
Nous avons tout partagé.

Chaque jour, des années durant, je t’ai surprise en larmes, à griffonner ces innombrables petits papiers qui n'arrivaient jamais à destination puisqu'ils s'adressaient tous à un même fantôme injoignable : le cœur de l’homme qui t’avait déposée et abandonnée dans le ventre de ta mère, ce non-père dont l’absence te laissait inconsolable.

Plus tard, quand le sort - encore lui - décida de te martyriser cruellement en semant la « grande pagaille » dans les cellules de ton corps, tu sus enfin avec certitude qu’aucun des billets que tu avais froissés et jetés ne s’était perdu : étrangement, ils avaient tous choisi d’emprunter le chemin d’un autre cœur, celui d’un vrai père.

Tu vois, je faisais aussi partie de ton destin.
Faut-il encore que je le dise ? Je t'aime.

Papa de cœur



NADIA

(acrostiche)

Ni le destin cruel qui a croisé nos routes

Aux détours du hasard, ni l’âpreté du sort

Dont foisonnaient tes peurs, tes peines et tes doutes,

Infléchirent jamais la bonté qui t’honore.

Avec le temps fut la sagesse ; et avec l’âge,

Mêlé d’espoir, au gré des heurts et des tourments

Advint dans la douceur qui succède à l’orage,

Filial et paternel, enfin, l’apaisement …

Il en avait fallu des pleurs, de la patience ;

Le malheur s’acharnait, les mots n’y pouvaient rien ;

Le plus dur, bien souvent, fut pour moi l’impuissance

En proie au soleil noir qui plombait ton matin.


A mes côtés pourtant, fidèle, libre et fière,

Dans ta maison et dans mon cœur à tout jamais,

Oubliant peu à peu, tu as trouvé un père

Ravi de son jardin que trois fleurs enchantaient.

Emon plus grand bonheur, je veux que tu le saches,

Est notre amour blessé, incompris et sans taches.

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auteur : Camal  Elmili Hamayed
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